Nos vies scolaires

Le vent dans l'dos...

Par MICHEL PACCALET, publié le mardi 16 mars 2021 10:52 - Mis à jour le mardi 16 mars 2021 11:04
Foot-recre.jpg
Inspiré des jeunes collégiens, Michel nous rappelle que pour résister, il faut parfois se laisser pousser

« T’entends pas ce bruit, c’est le monde qui tremble sous les cris des enfants qui sont malheureux. Allez viens avec moi,  j’t’embarque dans ma galère, dans mon arche il y a de la place pour tous les marmots. Avant que ce monde devienne un grand cimetière, faut profiter un peu du vent qu’on a dans le dos. »

RENAUD, Morgane de toi, 1983.

Une brise légère souffle sur la cours de récré à « Frison », comme un air de printemps post-covid tant espéré. J’écoute les filles de 3eme en révision du Brevet, balançant de leur savoir en maths et physique la pauvreté du mien : Thalès, Pythagore, E=MC2, le robot sur Mars…Whaou ! La leçon actée d’une connaissance affutée, mémorisée, en place est si belle à entendre.

Peu avant, dans la queue de la cantine, c’est des « p’tits » 6eme que soufflait un vent d’insouciance doux et chaud comme le foehn des montagnes. Masqués, distanciés, interdits de foot et autres jeux collectifs, ils résistent, ils s’amusent, s’intéressent curieux au monde. L’école les grandit, certains malgré eux. Je les ressens s’accrocher et revendiquer leurs places dans la cours des grands. Ils m’épatent.

Et en boucle dans l’info, tout le dur qui cloue au sol les jeunes collégiens d’un avis de tempête violente : Le porno accessible, si sournois à perturber les sens, sur le téléphone et la violence mortelle des trafics aux portes des écoles et des cités du cauchemar.

11, 12, 13,14 ans, ta vie au collège…J’écoute ton rêve, j’entends ta peine. Je vois ton errance dangereuse, je devine ton destin extraordinaire. On ne se doit rien d’autre que l’attention humaine. Je t’espère une belle liberté de vivre, le vent dans le dos !